Cités Ouvrières


oir l'exposition

Voir l'exposition

Quelques cités ouvrières


A Imphy dans la Nièvre, la tôlerie est un producteur important de rails de chemin de fer. La production atteint 9.000 tonnes d’acier en 1878. Un peu plus tard, la société se spécialise dans des pièces moulées et forgées : des outils, des sabres de cavalerie mais surtout des ressorts à lames dont Imphy est en 1900 le premier producteur français. En 1888, le Directeur Général de la Société est Henri Fayol, dont les méthodes d’organisation du travail sont très prisées aux Etats-Unis. Elles seront réimportées en France après la guerre de 39-45 par les américains. Sa devise : « prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler ». Et pourtant, à Imphy, le logement ouvrier est encore la « Caserne » où s’entassent dans de petits logements sans le moindre confort, les familles ouvrières. La compagnie construira plus tard 48 logements dans 12 grandes maisons, rue Berlioz et rue Debussy.



Clairvaux (Aube), Forges Saint Bernard. En 1900, Louis Gasne développe à Clairvaux, le laminage de profilés spéciaux. En 1902, son affaire prospère car il est le seul en France à en produire. Son usine occupe plus de deux cents ouvriers. Il transforme, avant la guerre, son exploitation en Société anonyme des Forges de Clairvaux. Après la Grande Guerre, le hameau des Forges est uniquement constitué du personnel de l'usine. Tous les immeubles appartiennent à la Société des Forges. On compte cent trente logements ouvriers abritant de six cent cinquante à sept cents personnes, une boulangerie, une boucherie une cantine et une école. Les deux tiers des élèves fréquentant cette dernière sont enfants d'ouvriers et d'employés. Le village industriel est une véritable cité patronale. L'usine ferme ses porte en 2002. La carte postale, photo de M. Ralet à Bar sur Aube, a voyagé en 1909. Comme dans beaucoup de cités ouvrières, le jardin, entretenu par les enfants, représente un complément alimentaire non négligeable pour les familles. Aucun homme n’est visible sur la photo, prise sans doute le jeudi, alors jour de congé pour les enfants.


En 1843, Jules Gévelot reprend à 18 ans l’entreprise familiale d’armes de chasse et d’équipements militaires. Il l’installe à Issy-les-Moulineaux. En 1884 la société devient la « Société Française de munitions ». Elle s’étend sur 7 hectares dans une cinquantaine de bâtiments. Premier fabriquant de cartouches en France, elle devient leader dans le domaine de la forge de précision. Jules Gévelot fait également une carrière politique : maire de Conflans Sainte-Honorine, député de l’Orne, ou encore président du Conseil Général de l’Orne.A Issy les Moulineaux, il fait bâtir une première cité ouvrière en 1868. Elle est détruite en 1905 pour agrandir la manufacture. Elle est rebâtie en 1907 un peu plus loin sous forme de maisons de ville en bande avec jardins. On l’appelle la Villa Jules Gévelot (aujourd’hui rue Jean-Jacques Rousseau). La cité sera détruite en 1968. Dans la rue, à l’exception de deux femmes en chignon, tous portent un couvre chef. Le bébé en robe de dentelle est soutenu sans doute par son grand frère pour la photo. Les enfants sont soit en blouse d’écolier, avec foulard, soit avec leurs beaux habits du dimanche pour la carte postale.


L'implantation du chemin de fer, en 1847, à Villeneuve Saint-Georges va transformer un bourg rural en véritable ville ouvrière. Villeneuve devient la première ville cheminote de France. C'est aussi une ville socialiste qui possède son journal, « L'égalité », et une vie associative très développée. C'est là qu'éclatera, en février 1920, la grande grève des cheminots. Les ateliers de réparation ouverts à Villeneuve Triage en 1882 emploient 2.500 ouvriers et les installations ferroviaires occupent le cinquième du territoire communal. La cité Maloteau est l’une des premières cité cheminote de Villeneuve Triage. Située entre la Seine et les voies ferrées, la cité est encore visible dans un carré délimité par l’avenue Maloteau, les rues Marguerite, Madeleine et de l’Est.. La carte postale à voyagé en 1906. Les habitants sont sortis et posent pour la carte. Les hommes sont peu nombreux et au centre. Ils boivent le coup. Les enfants sont devant, les mamans sont soit à l’arrière et soit regroupées à droite de la carte.



La société des Aciéries de France bâtit une usine métallurgique sur la commune d’Isbergues en 1860, à proximité du canal d’Aire à La Bassée creusé dans les années 1820 et d’une ligne de chemin de fer. La compagnie va bâtir pour ses ouvriers des corons, des cités ouvrières, des chapelles, des écoles et un hôpital. Sa population va quadrupler entre 1800 et 1900 de 690 habitant à près de 2800 en 1900. La carte postale du grand coron à Isbergues, ayant voyagé en 1909, est remarquable à plus d’un titre. Au bout de la rue, on distingue les bâtiments de l’usine. Les enfants se sont agglomérés pour la carte postale. Ils sont pour la plupart en blouse. Ils ouvrent la voie, au centre de l’image à un homme - figure d’autorité - à la barbe blanche, en canotier, qui marche vers le photographe. Est-ce un patron, un cadre, ou un instituteur ?


La cité Alsacienne à Belfort faisait partie de l’ensemble industriel de la Société « Alsacienne de Constructions Mécaniques », aujourd’hui Alstom, qui installe une succursale en territoire français, à Belfort, en 1879, après l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne en 1871. La cité ouvrière, dite « cité Alsacienne », a été construite en deux temps : 46 maisons, entre 1880 et 1885 et 40 maisons entre 1923 et 1927 (30 maisons d’ouvriers et 10 maisons de cadres). Le premier ensemble de maisons (1880-1885) a été détruit dans les années 1960, les autres ont été vendues. La cité comporte une salle de musique. On peut remarquer sur l’image deux éléments intrigants. Au centre de l’image, un jeune garçon porte un chapeau chinois sur la tête, sans doute un souvenir de la colonie française d’Indochine. A droite de l’image, on peut voir des rails sur la chaussée qui conduisent très probablement à l’usine, sans la moindre protection. S’agit-il de rails utilisés pour conduire en train les ouvriers sur le site de l’usine ? Ce procédé était déjà à l’œuvre dans certaines cité cheminotes.



Sur une très belle carte postale de Franche Comté, à Pont de Roide, ayant voyagé en 1906, une femme d’une rare élégance, en chapeau, est photographiée au milieu d’enfants d’une cité ouvrière. Est-ce Hélène Peugeot ? C’est bien possible ! Dès 1842 La famille Peugeot s'installe à Pont de Roide. D’une citée rurale, le village devient une véritable une cité industrielle. La population de 350 habitants en 1800 est supérieure à 2700 en 1900. La cité ouvrière dite « d’Autriche » est construite par la société Peugeot et Jackson Frères au lieu-dit la Petite Cray, tout près du Doubs. Cette rue est aujourd’hui la rue Hélène Peugeot (1840-1914), bien connue pour ses œuvres en faveur des ouvriers : elle fera bâtir un hôpital inauguré en 1907, qui abrite aujourd’hui le CCAS et un certain nombre d’associations. Six maisons individuelles sont achevées en 1867 et six autres en 1873. Trois habitations collectives, dites « casernes d’ouvriers », sont bâties fin 1870. Une quatrième est construite rue d'Helvétie : « La caserne Guilegoz ». Deux nouvelles maisons sont construites en 1896 et 1899. Elles sont complétées au début des années 1920 de 10 maisons individuelles. Tous les logements ont été vendus.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les logements ouvriers de la Fondation Rothschild

Voir l'exposition